Sénégal : 868 morts et plus de 15 000 accidents sur les routes en 2025
Article
Le Sénégal a enregistré 15 407 accidents de la circulation en 2025. Ces sinistres ont causé 868 décès, 5 592 blessés graves et 9 536 blessés légers, selon les données de l’Agence nationale de la sécurité routière. Ce bilan représente en moyenne plus de 42 accidents et deux à trois décès par jour.
Les accidents de la circulation demeurent un problème majeur de santé publique. Au-delà des décès, ils sont à l’origine de milliers de traumatismes, d’incapacités temporaires ou permanentes et d’importantes dépenses de soins pour les familles et les structures sanitaires.
L’Agence nationale de la sécurité routière indique par ailleurs que neuf accidents sur dix sont associés au comportement des usagers.
Dakar concentre plus de la moitié des accidents
Avec 8 503 accidents, la région de Dakar regroupe 55,5 % des sinistres enregistrés dans le pays. Elle comptabilise également 107 décès.
La fréquence des accidents n’est cependant pas toujours proportionnelle à leur gravité. Thiès, qui a enregistré 1 432 accidents, déplore 163 morts, soit un nombre de décès supérieur à celui de Dakar malgré un volume de sinistres près de six fois moins élevé.
Saint-Louis arrive en troisième position pour le nombre d’accidents, avec 1 016 cas. À l’inverse, Matam affiche le bilan le moins élevé avec 177 accidents, 19 décès, 182 blessés graves et 271 blessés légers.
La RN1, axe le plus meurtrier
Les routes nationales et les autoroutes ont totalisé 6 431 accidents, soit plus de 41 % du bilan national.
La route nationale n° 1, qui relie Dakar à la frontière malienne, arrive en tête avec 1 458 accidents. Elle a également enregistré 141 morts et plus de 2 200 blessés.
L’autoroute A1, entre Dakar et Mbour, occupe la deuxième place pour le nombre d’accidents sur les grands axes. Rapportée à sa longueur, elle présente une forte concentration de sinistres, estimée à 15,1 accidents par kilomètre.
La RN2 a causé 92 décès, ce qui en fait le deuxième axe le plus meurtrier après la RN1.
La voirie urbaine n’est pas épargnée : elle totalise 131 décès et 789 blessés graves.
Les comportements humains au premier rang des causes
Le non-respect des règles de conduite constitue la première cause d’accident, avec 30 % des cas recensés. Cette catégorie regroupe notamment la distraction au volant, le non-respect des priorités et de la signalisation ainsi que la conduite sous l’emprise de l’alcool. Elle serait associée à près de 40 % des décès.
Les autres causes principales sont :
le défaut de maîtrise du véhicule : 25 % ;
l’excès de vitesse : 20 % ;
l’imprudence : 16 % ;
les défaillances mécaniques : 4 % ;
les autres causes : 5 %.
Ces données montrent que la prévention doit accorder une place centrale au changement des comportements, au respect du Code de la route et au renforcement des contrôles.
Les deux-roues et les piétons particulièrement exposés
En milieu urbain, les collisions impliquant des cyclomoteurs représentent 30 % des accidents. Elles sont associées à 34 % des décès et à 63 % des blessés.
Les piétons renversés ne constituent que 4 % des accidents urbains, mais représentent 17 % des personnes tuées et 17 % des blessés graves. Les cyclistes comptent, pour leur part, pour 9 % des accidents et 19 % des décès.
Cette surreprésentation confirme la vulnérabilité des usagers peu protégés et la nécessité de développer des aménagements adaptés, de renforcer le port du casque et de mieux faire respecter les limitations de vitesse.
Décembre, mois le plus accidentogène
Avec 1 558 accidents, décembre a été le mois le plus accidentogène de l’année 2025. Il est suivi d’août avec 1 384 accidents et d’octobre avec 1 380.
Octobre a toutefois enregistré le plus grand nombre de décès, avec 102 morts.
Sur les grands axes, 70 % des accidents se sont produits entre midi et minuit : 33 % entre 12 heures et 18 heures, puis 37 % entre 18 heures et minuit.
Ces périodes correspondent à une forte mobilité et, hors agglomération, à une circulation parfois plus fluide favorisant la vitesse.
Face à ce bilan, la prévention doit combiner contrôles routiers, sensibilisation, aménagement sécurisé des axes dangereux, protection des usagers vulnérables et amélioration de la prise en charge préhospitalière des victimes.



Source : données 2025 de l’ANASER, rapportées et analysées par Le Soleil.
Commentaires
Soyez le premier à commenter.
Laisser un commentaire
Votre commentaire sera publié après validation par notre équipe.