Ebola Bundibugyo en RDC : l’OMS actualise ses recommandations face à un risque jugé « très élevé »

Par La rédaction d'Infomed · 25 août 2026
Ebola Bundibugyo en RDC : l’OMS actualise ses recommandations face à un risque jugé « très élevé » Article

Réuni pour la deuxième fois le 18 août 2026, le Comité d’urgence du Règlement sanitaire international consacré à l’épidémie de maladie à virus Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo a réévalué la situation épidémiologique. Sur la base de ses conclusions, l’Organisation mondiale de la Santé a publié, le 24 août, de nouvelles recommandations temporaires à l’intention de la RDC, des pays limitrophes et du reste du monde.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) renforce ses recommandations face à l’épidémie de maladie à virus Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC).

Les nouvelles orientations accordent une attention particulière à la surveillance, à la détection et à l’investigation des cas, à la prévention et au contrôle des infections, à la prise en charge clinique ainsi qu’à la communication sur les risques et à la mobilisation communautaire.

Elles introduisent également des mesures relatives aux rassemblements de masse, à la fréquentation de certains lieux publics, à l’ouverture des écoles et aux déplacements à l’intérieur de la RDC.

Un risque « très élevé » en RDC

Au 14 août 2026, l’OMS considérait comme « très élevé » le risque dans les pays connaissant une transmission communautaire du virus Bundibugyo. La RDC était alors le seul pays classé dans cette catégorie.

Le virus Bundibugyo appartient au genre Orthoebolavirus. Selon l’OMS, aucun vaccin ni traitement contre ce virus n’est actuellement homologué, même si des essais cliniques sont en cours.

L’Organisation précise que la mise à disposition éventuelle de vaccins ou de traitements spécifiques pourrait contribuer à réduire la transmission et la mortalité. Ces outils ne sauraient toutefois remplacer les interventions essentielles de santé publique, comme la détection précoce, l’isolement des cas, la recherche des contacts et la prévention des infections.

Renforcer la coordination et la surveillance

L’OMS recommande à la RDC de maintenir l’épidémie au rang d’urgence sanitaire et de renforcer les mécanismes nationaux de gestion des urgences sous l’autorité des plus hautes instances gouvernementales.

La riposte doit s’appuyer sur un plan national unique précisant les rôles de l’État et des partenaires. Celui-ci doit intégrer notamment :

  • la protection et la mobilisation des communautés ;

  • la surveillance renforcée et la détection des cas ;

  • le suivi des contacts ;

  • le diagnostic biologique ;

  • la prévention et le contrôle des infections ;

  • la prise en charge des patients ;

  • les enterrements sécurisés et dignes ;

  • la continuité des services essentiels ;

  • la logistique ;

  • la gestion et la protection des professionnels de santé.

La RDC est également invitée à notifier quotidiennement à l’OMS les cas suspects, probables et confirmés.

Chaque alerte, notamment les regroupements de maladies ou de décès inexpliqués, devrait être investiguée dans un délai de 24 heures. Les contacts des cas probables et confirmés doivent être suivis quotidiennement pendant 21 jours après leur dernière exposition connue.

L’OMS demande par ailleurs le renforcement des capacités décentralisées de diagnostic par RT-PCR afin d’assurer le prélèvement, le transport et l’analyse rapides des échantillons.

Mobiliser les communautés pour favoriser l’adhésion

La communication sur les risques et la mobilisation communautaire occupent une place centrale dans les recommandations actualisées.

L’OMS préconise de travailler avec les dirigeants locaux et religieux, les tradipraticiens, les survivants, les agents de santé communautaire, les volontaires de la Croix-Rouge et les autres acteurs de confiance.

Cette approche doit favoriser la détection précoce, l’orientation des cas suspects, le suivi des contacts, l’acceptation des enterrements sécurisés et l’adoption de comportements protecteurs.

Les personnes soumises à des restrictions de déplacement devraient également bénéficier d’un accompagnement alimentaire, financier et psychosocial ainsi que d’un accès à l’eau et aux moyens de communication.

Des mesures sur les rassemblements et la mobilité intérieure

Parmi les nouveautés figurent plusieurs recommandations concernant les rassemblements de masse et les déplacements à l’intérieur du pays.

Dans les zones où une transmission communautaire est en cours, l’OMS recommande de reporter les rassemblements de masse. Dans les autres localités, leur maintien devrait dépendre d’une évaluation spécifique du risque.

L’Organisation préconise également :

  • de réduire l’affluence dans les restaurants, bars et boîtes de nuit ;

  • de limiter à un le nombre de passagers transportés sur les motocyclettes ;

  • d’adopter des mesures permettant une ouverture sécurisée des écoles ;

  • d’installer des postes de contrôle sanitaire fonctionnant en permanence sur certains axes routiers ;

  • de surveiller les embarcations empruntant les voies navigables reliant les zones touchées aux grands centres urbains, dont Kinshasa.

Protéger les patients et les professionnels de santé

L’OMS demande la mise en place de centres ou d’unités spécialisés d’isolement et de traitement à proximité des zones de transmission communautaire.

Le transport des cas suspects doit être assuré par des équipes formées, dans le respect des mesures de prévention et de contrôle des infections. Des protocoles doivent également encadrer la gestion des déchets médicaux et la décontamination des véhicules et du matériel.

Les établissements de santé publics et privés doivent renforcer le dépistage, le triage, l’isolement et l’application des précautions adaptées au mode de transmission.

Les professionnels de santé doivent disposer d’équipements de protection individuelle en quantité suffisante, bénéficier de formations régulières et pouvoir signaler rapidement toute exposition. Chaque infection survenant chez un soignant doit faire l’objet d’une investigation.

La continuité des services essentiels doit parallèlement être préservée, notamment pour le diagnostic et le traitement du paludisme ainsi que pour la santé maternelle et infantile.

Un risque régional jugé « élevé »

L’OMS évalue le risque régional comme « élevé » pour les neuf pays partageant une frontière terrestre avec la RDC : l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, le Rwanda, le Soudan du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie.

Ces pays sont invités à identifier les zones présentant le plus grand risque d’importation, à renforcer la surveillance communautaire, à améliorer l’accès au diagnostic et à constituer des équipes d’intervention rapide.

Ils doivent aussi former les professionnels de santé à la prévention et au contrôle des infections, organiser des exercices de simulation et prépositionner des équipements de protection, des kits de prélèvement ainsi que du matériel destiné aux enterrements sécurisés dans les zones frontalières.

La détection d’un cas suspect ou confirmé, d’un contact ou d’un regroupement de décès inexpliqués doit être traitée comme une urgence sanitaire et faire l’objet d’une investigation dans les 24 heures.

Le Sénégal classé parmi les autres États à risque « faible »

N’étant ni un pays connaissant une transmission communautaire ni un État frontalier de la RDC, le Sénégal relève de la catégorie des autres États Parties, pour lesquels l’OMS estimait le risque « faible » au 14 août 2026.

Cette classification n’exclut pas la vigilance. L’Organisation recommande à ces pays de se préparer à détecter, évaluer, notifier et prendre en charge tout voyageur présentant une fièvre inexpliquée après un séjour dans une zone de transmission communautaire.

Les États concernés doivent notamment :

  • informer les établissements de santé publics et privés ;

  • identifier les laboratoires capables de détecter le virus Bundibugyo ;

  • prévoir des structures d’isolement adaptées ;

  • informer les voyageurs sur les comportements à adopter ;

  • préparer l’évacuation ou le rapatriement de leurs ressortissants exposés ;

  • transmettre aux voyageurs venant des zones touchées les consignes à suivre en cas de symptômes dans les 21 jours suivant leur arrivée ;

  • notifier immédiatement à l’OMS tout cas suspect, probable ou confirmé.

L’OMS ne recommande pas la suspension des vols

Malgré le niveau de risque observé en RDC et dans les pays voisins, l’OMS ne recommande pas la suspension des vols ou des liaisons fluviales avec les pays connaissant une transmission communautaire.

Elle ne préconise pas non plus de refuser l’entrée aux voyageurs et aux moyens de transport arrivant de ces pays.

Les autorités sont plutôt invitées à renforcer l’information des voyageurs, la surveillance sanitaire aux points d’entrée et la coordination avec les transporteurs afin de détecter rapidement les cas suspects et d’identifier leurs contacts.

Les recommandations doivent être appliquées dans le respect de la dignité, des droits humains et des libertés fondamentales des personnes, conformément au Règlement sanitaire international.

Source : Organisation mondiale de la Santé, recommandations temporaires publiées le 24 août 2026.

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