Une médecine connectée pour un accès aux soins

La télémédecine est devenue un levier incontournable pour que l’Afrique comble son retard en santé publique.

L’Afrique a encore beaucoup de chemin à parcourir dans le domaine de la santé : l’espérance de vie y est de 61 ans contre 73 pour le reste du monde. L’accès aux soins reste très limité et le personnel soignant qualifié presque inexistant. Des exemples ? Dans la zone subsaharienne, un Africain sur 1000 n’a pas accès à un lit d’hôpital s’il est malade. On compte 0,2 médecin pour 1000 habitants en 2017 contre une moyenne mondiale à 1,6 et à 3,7 dans l’Union européenne. Cependant, dans sa quête de soins de santé équitables, le continent peut compter sur sa vitalité dans le domaine de la téléphonie mobile. Selon le dernier rapport de la GSM Association, pas moins de 660 millions d’habitants du continent africain étaient équipés d’un smartphone en 2020, soit le double de 2016. En permettant le développement de prestations de santé localisées, moins coûteuses et accessibles, donc plus proches de la population, la télémédecine a déjà commencé à réformer le secteur médical en Afrique : grâce à la gestion des données médicales personnelles, l’analphabétisme ne représente plus un problème dans le suivi des patients ; le manque de gynécologues dans la brousse est compensé par des consultations à distance pour les femmes enceintes ; des plateformes dédiées à la santé reproductive donnent accès librement et facilement à des informations sur la sexualité. Cependant, pour que cette révolution prenne vraiment de l’ampleur, il reste à relever le défi de la couverture Internet. Moins de 30 % des habitants ont accès au haut débit mobile (contre 43 % en Asie), et seulement 15 % des Africains bénéficient d’un accès à Internet à leur domicile.

Etat des lieux de la santé en Afrique

L’Afrique souffre d’un manque chronique d’infrastructures médicales et de praticiens qualifiés dans le domaine de la santé. Selon des chiffres publiés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on compte environ 2 médecins pour 10 000 habitants en Afrique contre 32 pour 10 000 dans la région européenne. Certes, l’espérance de vie de sa population s’est améliorée, avec un gain de dix années entre 2000 et 2015, grâce aux efforts entrepris pour lutter contre le VIH et le paludisme. Mais le continent doit faire face à de nouvelles maladies non virales, affections cardio-vasculaires ou cancers, liées à l’extension de modes de vie plus sédentaires. Le développement des innovations numériques dans le domaine de la santé facilite désormais l’accès aux soins – le talon d’Achille en Afrique – et ce, en brousse comme dans les mégalopoles.

leblob.fr

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