Privés de salaires depuis 5 mois, les agents du CTE de Thiès sur pied de guerre

Les agents du Centre de traitement épidémiologique (CTE) de l’hôpital régional de Thiès sont en colère parce que privés  de leurs salaires et de primes depuis 5 mois dans un contexte crise. Fortement  mobilisés depuis deux ans pour faire face à la pandémie, l’État du Sénégal aurait dû éviter d’égratigner les agents de santé. Après 5 mois, leur patience s’est émoussée. Ils sont montés au créneau mercredi pour réclamer le paiement de cinq mois d’arriérés de prime de risque et de salaire. Si l’État n’obtempère pas, ils promettent de passer à la vitesse supérieure dès la semaine prochaine alors qu’une dizaine de patients Covid sont encore dans leur structure.

Après cinq mois d’attente, les agents du centre de traitement épidémiologique (CTE) de l’hôpital régional de Thiès sont à bout de souffle. Ils n’en peuvent plus d’attendre. Mercredi, ils n’ont pas hésité à donner de la voix pour réclamer ce qui leur revient après avoir consenti à des sacrifices alors que comme d’autres agents de santé le rythme  et la charge de travail s’est accru du  fait de la pandémie. 

Selon l’agence de presse sénégalaise, c’est  en  scandant  «Payez-nous ! Payez-vous !», que des soignants hygiénistes, chauffeurs, de la structure de prise en charge des malades de covid-19, vêtus de leurs uniformes, ont signalé leur mécontentement lors d’un sit-in à l’entrée du CTE de l’hôpital régional de la cité du rail. En cette période de crise sanitaire ce n’est pas bon signe pour ce corps qui a tant donné et a  été très sollicité depuis deux ans. «5 mois sans prime de risque »,  «CTE de Thiès : trop c’est trop»,  «L’heure est grave»,  «Nous réclamons notre argent» sont entre autres les messages que l’on pouvait-on lire sur  les blouses de ces professionnels d’après l’APS. 

Ce cri de cœur mériterait une attention voire une réaction urgente de la part des autorités parce qu’il ne s’agit pas que de primes mais aussi et surtout de salaire et le contexte ne facilite pas les choses. «Il s’agit d’un cumul de cinq mois de salaires que l’État nous doit. Beaucoup d’entre nous ont fait trois épisodes de covid et ont côtoyé la mort, et voilà ce que l’État nous livre», s’est offusqué Papa Mor Ndiaye, secrétaire général régional du SUTSAS. Mobilisé pour mener la guerre  à la pandémie, eux-mêmes agent n’ont pas été épargnés par le Sars-Cov2. Une cinquantaine d’argent de tout l’hôpital régionale aurait été contaminés depuis la première vague, rappellent les manifestants qui précisent que leur revendication concerne les 70 voire 75 agents qui se relaient à tour de garde dans cette structure. Pour les manifestants, c’est anachronique de dire qu’on rend hommages agents de santé pour ce qu’ils ont enduré pendant la crise et en même temps leur faire subir une telle situation. 

Il est vrai que les montants réclamés concernent  pour certains agents des primes parce qu’ils cumulent leurs prestations au sein du CTE avec un autre emploi. Pour d’autres en revanche,  notamment ceux d’entre eux officiant exclusivement dans le CTE, il s’agit carrément des salaires.  Si les agents du centre épidémiologique ont décidé de donner de la voix c’est parce  lors de la dernière d’une dizaine de rencontres avec les autorités,  une promesse faite de résoudre le problème n’a pas été tenue. 

En effet, les autorités avaient pris l’engagement de leur faire un virement dans les 48 heures. Parole non tenue. Chose qui a courroucé les professionnels. L’État ferait  de vite réagir et positivement  parce que les agents du CTE menacent de  «passer à la vitesse supérieure», après le Magal prévu  le dimanche prochain, si rien n’est fait. Cela est d’autant plus urgent qu’à ce jour, une dizaine de malades du covid-19 sont encore internés au CTE de Thiès. 

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